La retraite d’un salarié du privé se compose généralement de deux pensions : la retraite de base versée par l’Assurance retraite et la complémentaire Agirc-Arrco. Elles n’utilisent pas le même calcul. Pour estimer vos droits, il faut donc regarder à la fois les salaires et trimestres du régime de base, puis les points accumulés en complémentaire.
Ce guide explique les principaux repères et les étapes à vérifier avant de fixer votre date de départ. Les règles d’âge et de durée dépendent de la génération ; une simulation personnelle reste nécessaire.
Les deux composantes de la retraite du privé
| Régime | Mode de calcul simplifié | À contrôler |
|---|---|---|
| Retraite de base | Salaire annuel moyen × taux × durée validée rapportée à la durée requise | Salaires enregistrés, trimestres, périodes assimilées |
| Agirc-Arrco | Total des points × valeur de service du point | Points par année et périodes manquantes |
Pour la pension de base, le salaire annuel moyen repose en principe sur les 25 années les plus avantageuses, dans la limite des règles du régime. Le taux plein maximal est de 50 %. La pension peut toutefois être proratisée si votre durée d’assurance au régime général est inférieure à celle retenue pour votre génération (1). La retraite complémentaire fonctionne en points : les cotisations génèrent des points, puis le total est multiplié par la valeur du point à la liquidation (2).
Âge légal et taux plein : deux notions différentes
L’âge légal est le premier âge auquel vous pouvez demander votre retraite dans le cas général, sauf départ anticipé ou situation particulière. Le taux plein dépend principalement de la durée d’assurance requise. Si vous liquidez avant l’âge d’annulation de la décote sans tous les trimestres nécessaires, la pension de base peut être minorée. À 67 ans, le taux plein est automatique pour la retraite de base, mais la durée d’assurance continue d’influencer la proratisation du montant.
Les seuils varient selon l’année et parfois la date de naissance. Les règles applicables aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026 incluent des ajustements spécifiques. Vérifiez votre cas sur le simulateur officiel plutôt que de reprendre un chiffre d’une autre génération.
Comment contrôler son relevé de carrière
- Ouvrir son compte retraite et télécharger le relevé de carrière tous régimes.
- Comparer les salaires et périodes avec bulletins, attestations de chômage, arrêts maladie ou justificatifs de service.
- Signaler les années absentes ou incomplètes à la caisse concernée.
- Vérifier séparément les points Agirc-Arrco et les périodes de chômage, maladie ou maternité pouvant ouvrir des droits.
- Comparer plusieurs dates de départ et montants estimés avant de déposer la demande.
Une période manquante n’est pas forcément perdue, mais il faut fournir des justificatifs. Les trimestres ne sont pas toujours validés uniquement à partir du nombre de mois travaillés : pour les salariés, le revenu soumis à cotisations entre aussi en jeu, avec un plafond annuel de quatre trimestres. L’année du départ obéit à des règles de décompte particulières.
Quand et comment demander sa retraite ?
Prévoyez plusieurs mois pour vérifier le dossier, choisir une date d’effet et transmettre la demande. La demande en ligne permet généralement de solliciter plusieurs régimes avec un même parcours, mais les pièces et délais peuvent varier. Informez votre employeur selon les règles de préavis de votre contrat ou convention collective ; la date de fin d’emploi ne se confond pas nécessairement avec la date d’effet de la pension.
Ne démissionnez pas avant d’avoir obtenu une estimation suffisamment précise et vérifié vos droits. Le montant affiché reste une estimation, exprimée selon les hypothèses retenues, et peut évoluer si votre carrière change ou si des périodes sont corrigées.
Les vérifications qui changent le montant
- Les salaires des meilleures années et les plafonds applicables.
- La durée validée dans chaque régime et les périodes assimilées.
- Les points complémentaires, leur valeur à la date de départ et les éventuelles minorations.
- Une carrière à temps partiel, à l’étranger, indépendante ou dans plusieurs régimes.
- Les majorations familiales ou dispositifs de départ anticipé, si vous y êtes éligible.
Commencez par le relevé, corrigez les anomalies, puis comparez deux ou trois scénarios de départ. C’est le moyen le plus utile de comprendre ce qui compose votre retraite dans le privé et d’éviter une décision fondée sur une moyenne générale.
Sources
(1) Service-Public.fr, pension de retraite de base à taux plein du salarié : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F14044
(2) Agirc-Arrco, constitution de la retraite complémentaire : https://www.agirc-arrco.fr/particuliers/ma-retraite/comprendre-ma-retraite/comment-se-constitue-ma-retraite-complementaire/




