Lorsqu’un salarié quitte volontairement son entreprise pour prendre sa retraite, il peut percevoir une indemnité de départ, parfois appelée prime de départ à la retraite. Son montant dépend de l’ancienneté, du salaire de référence et de la convention collective. Le calcul diffère si l’employeur décide la mise à la retraite : les deux situations ne doivent pas être confondues.
Quel montant minimal pour un départ volontaire ?
Dans le secteur privé, le salarié doit en principe compter au moins 10 ans d’ancienneté dans l’entreprise pour bénéficier de l’indemnité légale de départ volontaire. Les minima sont exprimés en fraction de mois de salaire :
| Ancienneté dans l’entreprise | Indemnité légale minimale |
|---|---|
| Moins de 10 ans | Pas de minimum légal prévu au titre du départ volontaire |
| 10 ans à moins de 15 ans | 1/2 mois de salaire |
| 15 ans à moins de 20 ans | 1 mois de salaire |
| 20 ans à moins de 30 ans | 1 mois et demi de salaire |
| 30 ans ou plus | 2 mois de salaire |
Une convention collective, un accord d’entreprise ou le contrat peut prévoir une somme plus favorable. Vérifiez ces textes avant de retenir le minimum légal. (1)
Comment calculer le salaire de référence ?
On compare deux bases et on retient la plus avantageuse : le douzième de la rémunération brute des 12 derniers mois ou le tiers de la rémunération brute des 3 derniers mois. Dans ce second calcul, une prime annuelle ou exceptionnelle versée pendant ces trois mois est ramenée à sa part correspondant à la période. Le résultat n’est donc pas toujours égal au dernier salaire mensuel affiché sur le bulletin.
Exemple simple : avec 18 ans d’ancienneté et un salaire de référence retenu de 2 300 € brut par mois, le minimum légal correspond à un mois, soit 2 300 € brut. Si une convention collective fixe un montant supérieur, c’est la règle la plus favorable qui doit être examinée. Un passage à temps partiel dans l’entreprise peut également modifier la base : l’indemnité est alors calculée proportionnellement aux périodes à temps plein et à temps partiel. (1)
Départ volontaire ou mise à la retraite par l’employeur ?
Pour un départ à votre initiative, l’indemnité légale suit le tableau ci-dessus et suppose 10 ans d’ancienneté. Une mise à la retraite est une décision de l’employeur encadrée par l’âge et une procédure différente. Son indemnité minimale est calculée par année d’ancienneté : un quart de mois de salaire par année pour les dix premières années, puis un tiers de mois par année à partir de la onzième. Le salaire de référence se détermine selon la formule la plus favorable prévue par les règles applicables. (1)(2)
Avant d’envoyer votre lettre, clarifiez par écrit le motif de rupture, la date de fin du contrat et le préavis applicable. Le préavis du départ volontaire suit les règles prévues pour le licenciement, sauf dispositions conventionnelles plus favorables. Un simulateur officiel permet d’estimer ce délai. (3)
Impôts, cotisations et autres sommes dues
L’indemnité de départ volontaire à la retraite est en principe imposable et soumise aux cotisations sociales, à la CSG et à la CRDS, sous réserve des situations particulières prévues par la loi. Une mise à la retraite à l’initiative de l’employeur obéit à des règles sociales et fiscales distinctes. Le solde de tout compte peut aussi comprendre les congés payés non pris, le préavis ou d’autres éléments prévus par le contrat. Ne confondez pas ces sommes avec l’indemnité de retraite elle-même. (1)(2)
Checklist avant de valider le montant
- Confirmez la durée d’ancienneté à la date réelle de fin du contrat.
- Consultez la convention collective applicable et les accords d’entreprise.
- Comparez les deux modes de calcul du salaire de référence, primes comprises.
- Vérifiez la proratisation si vous avez travaillé à temps partiel.
- Demandez un décompte écrit distinguant indemnité, congés payés et préavis.
- Contrôlez le traitement fiscal et social avant d’établir votre budget de départ.
Si le montant annoncé vous semble erroné, demandez le détail du calcul et faites-le comparer aux dispositions de votre convention collective. Les conditions varient selon le statut ; les règles présentées ici concernent le salarié du secteur privé.
Sources
(1) https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F36804
(2) https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F13966
(3) https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/R70939





